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Un retour en force à la Chaumière !

LES CHRONIQUES DES NAACALS

Saga littéraire de Fantasy

Début de la rédaction : 23 juin 2015

Auteur : Jack Hydra (également administrateur du site)

Se décompose en opus.

Synopsis :

            Le monde n’était pas tel que nous le connaissons. Et chaque homme et chaque femme n’étaient pas tels qu’ils sont aujourd’hui. C’est sur cette planète que nous appelions autrefois Tiamat, et plus particulièrement sur ce continent que nous appelions la Terre Providentielle, qu’émergea la première grande civilisation de l’Histoire de l’Humanité : la Civilisation des Naacals. Laquelle civilisation, qui conquit presque tout Tiamat, fut gouvernée par un Empereur sage et généreux, qui veillait au bien-être de tous ses sujets, peu importe leur âge, leur situation … Ce récit, Les Chroniques des Naacals, ou L’Encyclopédie pour les plus intellectuels, retrace l’aventure extraordinaire de ces hommes et ces femmes ordinaires qui, par leur témérité, leur persévérance et leur désir d’humanité, ont su construire la société la plus prodigieuse qui ait jamais existé.

            Rejoignez Gaal Ihed et son amie Guëlle Dolen sur le chemin des Perendils – les Cinq Pierres Sacrées – et entamez avec eux un voyage à travers les contrées les plus hostiles de la Terre Providentielle. Tous deux vont devoir faire preuve de courage et de fermeté, car des ennemis bien plus redoutables que Marmand se mettront en travers de leur route.

Cf "Infos sur la saga"

Lycan

Cela faisait trois bonnes heures qu'il avait quitté la Chaumière aux Feux Epars et il n'avait toujours pas trouvé ce qui lui permettrait de vaincre les plus grands carnassiers de la forêt. Son maître ne lui avait laissé aucun indice concernant l’aspect de cette Poudre. Gaal l’imagina enfermée dans une fiole, pensant qu’il suffisait de projeter cette dernière sur le sol. Une fois brisée, elle envahirait l'environnement et conférerait à son utilisateur le pouvoir d'agir sur la psychologie de son adversaire. Ainsi, aux yeux de l'oiseau-reptile notamment, Gaal apparaîtrait comme un immense épouvantail doté de bras puissants et de doigts aussi longs et fins que le Hàka pour étrangler l'animal. Pris de panique, celui-ci perdrait ses moyens et serait à la merci de l’Apprenti, lequel n'aurait plus qu'à lui crever les yeux et à lui trancher le gosier pour en finir. Oui, Gaal souhaitait que ça se termine ainsi avant de ramener sa bien-aimée et de rejoindre Marddin. Mais encore fallait-il trouver cette Poudre d'Illusions tant convoitée. Et pour l'heure, ce n'était guère une chose aisée. Il espérait que Guëlle se débrouillait mieux que lui.

Gaal était très inquiet à son égard. Pourtant, la jeune fille était issue des Drax et donc était dotée de pouvoirs qu'elle ne soupçonnait sans doute pas encore, si ce qu’elle avait raconté était vrai, bien sûr. Sans doute allait-elle découvrir ces pouvoirs lorsqu'un danger se présenterait ? Son attachement pour la fugitive ne le rendit pas moins anxieux quant à son propre sort, cependant. Mais il avait tout de même affronté une Nymphe Maudite, un lutin chapardeur ainsi que ses propres chimères. Et à chacune de ces situations il s’en était sorti, ce qui avait redoublé sa confiance en lui, même si ses « victoires » ne méritaient pas vraiment d’éloges. Ce jour-ci, il avait à faire à beaucoup plus dangereux.

Soudain, tandis qu'il progressait dans un sentier herbeux entouré d'arbres aussi sombres que la nuit, une ombre, imposante, tyrannique, effrayante, tourbillonna au-dessus de sa tête. Il contempla, avec une frayeur qu'il ne pouvait dissimuler, la silhouette de ce nouvel ennemi aux ailes de chauve-souris, au long bec pourvu de dents acérées et aux serres meurtrières, semblables à celles d'un aigle. Là, Gaal se retourna et ses yeux se posèrent sur la créature la plus cauchemardesque qui lui était donnée de voir. Il n'osa plus bouger, il n'osa plus respirer. La peur l’envahissant, il garda malgré tout le contrôle de ses sens avant de s'engager dans un nouveau combat titanesque. Mais ce qui était le plus terrifiant dans ces conditions, c’est qu’il ne disposait toujours pas de la Poudre d’Illusions. Tant pis, il ferait sans ! S’il ne pouvait vaincre ce Spectre aux Ailes Pointues par la force, il l’anéantirait par la ruse. En cela, il utiliserait la méthode la plus redoutable que lui avait enseignée Maître Marddin : il feindrait d’avoir peur (bien qu’il eût vraiment peur !), il simulerait un état de faiblesse, persuadant le monstre de se baisser doucement vers lui afin, au dernier moment, d’utiliser la technique d’apesanteur pour lui transpercer très violemment la gueule à l’aide de la pointe du Hàka. Oui, il agirait ainsi, puisque c’était sa seule chance de salut.

Aussi adopta-t-il l’état d’esprit adéquat avant même d’entamer sa démarche. Il ne ferma pas les yeux pour autant car cela ferait douter le Spectre. Il soutint le regard de ce dernier tout en s’agenouillant, lentement, comme un animal face à son prédateur, en signe de soumission. Puis, afin d’achever sa révérence, il baissa également la tête, se détachant des pupilles sans vie de son adversaire pour scruter le sol meuble recouvert d’un tapis de feuilles mortes. Bien qu’il ne fût pas encore expert dans le domaine, il utiliserait cette technique d’apesanteur que lui avait montrée Marddin des Bois Champêtres. Il n’en était qu’à ses débuts mais qu’importe, il n’avait que cette solution pour vaincre ce redoutable prédateur. Marddin ne lui avait pas encore tout montré mais il était prêt à relever le défi. Il n’en était qu’à sa première année d’apprentissage mais il se sentait confiant, comme il ne l’avait jamais été. De ce Spectre, il allait en faire une gourmandise de plus pour la Panthère. Déjà, le souffle chaud et âpre de l’oiseau caressait le sommet de son crâne ainsi que le haut du front, ses cheveux allaient et venaient en fonction de la respiration de sa future proie. Sa proie, oui ! Il empoignait son Hàka avec fermeté, juste sous ses genoux, pour ne pas que le Spectre s’en aperçoive. Il transpirait, sa peur était manifeste, autant qu’elle l’avait été lors de sa confrontation avec la Panthère. Il prit une grande respiration puis, à ce moment précis, alors qu’il ressentait la tête du prédateur juste au-dessus de lui, il rassembla d’un seul coup toute son énergie interne pour fondre vers le gosier, la pointe du Hàka en avant. Il s’était attendu à un succès… bien mal lui en prit ! Car le monstre avait compris son intention depuis le début. Il esquiva sur le côté puis, empoignant fermement le bâton de son bec noir et recourbé, il le brisa comme un bout de bois mort, sous les yeux horrifiés du jeune homme. Une fois de plus, ce dernier s’était montré trop hâtif : ayant mal analysé la situation, il avait tout misé sur ses talents, sans les adapter au contexte. Il avait oublié une des leçons les plus importantes que lui avait enseignées son maître : « focaliser toute son attention sur ses seules aptitudes, sans prendre en compte l’instant présent, était pure folie ». Cette phrase, ce n’était pas faute de l’avoir entendue un nombre incalculable de fois ! Mais Gaal, qui n’avait jamais été à l’école, bien que sa mère Jémina lui eût appris à lire, avait du mal à assimiler certaines choses ! Alors, frustré, désemparé et en proie à une extrême solitude, il dut goûter au fruit amer de son erreur.

« Vas-y, tue-moi si tu le veux, mais tue-moi vite ! » songea-t-il sans perdre du regard son bourreau.

C’est alors qu’une brume étrange envahit peu à peu les alentours, faisant disparaître les hautes herbes, les buissons et même certains arbres. Le jeune homme était certes un peu lent d’esprit, mais il n’était pas complètement stupide : il comprit la provenance de cet insolite brouillard. Chose étrange, toutefois : la brume n’était pas blanche comme il s’y était attendu, mais gris pâle. En fait, cela ressemblait davantage à de la fumée mais ce n’en était pas : Gaal ne sentait ni ne voyait le feu aux alentours, la forêt n’était pas dévorée par les flammes. Maître Marddin, qui avait réussi à se débarrasser des Lycans, avait mis la main sur la Poudre d’Illusions. Là, il s’en servait pour tromper le Spectre. Et il se débrouillait à merveille ! En effet, le jeune homme vit l’animal s’éloigner à grande allure de lui et des hauts arbres qui les entouraient. Il retrouva le sourire mais scruta non sans une certaine crainte l’ombre imposante qui soumettait le Spectre aux Ailes Pointues : jamais il n’avait vu de silhouette aussi gigantesque, on aurait dit un Géant ! Celle-ci s’avança encore et, à en juger par sa carrure démesurée, Gaal crut vraiment qu’il s’agissait d’un Géant, revenu d’entre les morts pour se venger des autres créatures qui l’auraient trahi. Ce Pantir Gorlas de ce temps semblait tenir ce qui ressemblait à une massue dans sa main droite. Le Spectre, qui ne se contint plus, prit immédiatement la fuite. Il galopa comme un dératé à travers buissons et arbustes, comme si le Grand Chaos, ainsi que l’avait vu Gaal, était à ses trousses. Le jeune homme, qui avait une fois de plus failli y laisser la vie, s’en amusa au point de devenir euphorique. Puis, se tournant vers le Géant, il sentit sa crainte à son égard s’estomper, puisque le Géant n’en était de toute façon pas un. Gaal se réjouit de retrouver ainsi son maître qui avait non seulement vaincu les Lycans, mais qui était en plus parvenu à mettre en déroute un des pires prédateurs des Forêts Ardentes.

Alors, lentement, la brume se fit moins épaisse, pour laisser entrevoir de nouveau les arbres environnants et le paysage à la fois terrifiant et attractif de cette contrée sauvage. Comme il s’y attendait, les traits du Géant diminuèrent d’importance, pour se rapprocher de ceux d’une Grande Gen. Seulement, il se produisit une chose à laquelle il ne s’attendait pas du tout : ce n’était pas Maître Marddin qui se tenait face à lui… mais Guëlle Dolen ! Le fait de retrouver l’objet de son amour lui réchauffa le cœur au point de le faire basculer dans quelque illusion :

— Oh Guëlle, j’ai bien cru t’avoir perdue !

La jeune fille tenait une branche de chêne dans sa main droite. La demoiselle n’était pas belle à voir : a priori, elle s’était battue. Contre qui ? Gaal fut curieux de le savoir, malgré la douleur que devait ressentir Guëlle :

— Mais ! Que t’est-il arrivé ?

La jeune vagabonde, lasse et épuisée, soupira avant de répliquer :

— Ce serait trop long à te raconter.

Bien entendu, la fugitive ne tenait pas que la branche, les doigts de sa main gauche renfermaient quelque chose de précieux. Alors qu’elle s’avançait vers son compagnon, Gaal put distinguer la nature de ce drôle d’objet : il s’agissait d’un flacon, un flacon renfermant une substance aussi brillante que l’éclat de la Lune et aussi rare que l’or du Kenzarath ou les Perendils. De toute évidence, ce récipient contenait la Poudre d’Illusions. Gaal s’étonna du fait qu’une mixture aussi belle dans sa prison put se transformer en quelque chose de si repoussant que cet épais brouillard grisâtre. Ecarquillant les yeux, il ajouta sur un ton triomphal mais peinant à dissimuler une certaine frustration :

— Eh bien, on peut dire que tu as été plus rapide que moi !

— Et c’est peu de le dire !

La voix qui avait glissé ceci provenait des arbres environnants, ces derniers se situant sur le côté droit du jeune homme : Marddin des Bois Champêtres, puissant, solennel, trônait tel un roi du Temps Jadis sur le bord de sa charrette, commandant ses chevaux à volonté. Gaal fut à la fois ravi et gêné de le voir débarquer de la sorte. En effet, le Magicien avait compté sur lui pour rapporter la Poudre d’Illusions. Toutefois, la jeune fille s’était montrée plus maline que lui. Mais voilà une réaction de Marddin, pour le moins inattendue, qui combla expressément le jeune homme :

— Jeune fille, je n’avais jamais été aussi fier de toi ! A ce que je vois, tu en as bavé pour trouver notre précieux…

— C’est le moins qu’on puisse dire, l’interrompit-elle d’une voix faible et chevrotante.

Mais un détail, chez la pauvre aventurière, interpella les deux hommes :

— Mon enfant, où est ton Hàka ?

— Êtes-vous sûr de vouloir l’entendre, Maître ?

Tandis que le Magicien allait acquiescer, des hurlements à la pleine lune, que les nuages venaient tout juste de dévoiler, torturèrent les oreilles des baroudeurs. Gaal crut également percevoir des cliquetis d’épées, de haches et d’autres armes qu’il ne connaissait pas. Il entendit aussi des armures s’entrechoquer. Les Lycans étaient bien plus nombreux qu’il ne l’avait pensé, et la présence de la Panthère Géante ne les dissuadait pas de les poursuivre. Aussi l’Apprenti se tourna-t-il vers son précepteur :

— Pourquoi veulent-ils nous tuer, Maître ?

— C’est la Poudre d’Illusions qu’ils veulent. Ils nous considèrent comme des marginaux dangereux. Les gendarmes d’Erk ont dû prévenir Calian, le bras droit de Marmand, que nous nous cachions dans ces contrées. Comme ils savent que nous sommes dotés de pouvoirs illicites, ils ont envoyé les plus dangereux de tous les barbares, les Lycans, pour nous prendre la Poudre et nous tuer. Vite, montez à bord !

Tous deux obéirent et, d’un claquement de fouet, leur véhicule fonça à travers champ sous la cadence effrénée des chevaux. Alors qu’ils reprenaient le chemin de la Chaumière, Marddin se tourna vers Guëlle pour lui demander :

— Depuis quand te poursuivent-ils ?

— Je ne sais pas trop, Maître. Je me suis confrontée à l’un d’entre eux après avoir trouvé la Poudre.

Stupéfait par tant d’exploit, le Magicien voulut creuser davantage :

— Mais, comment t’en es-tu sortie ?

Et la jeune fille de répondre sur le même ton précipité :

— C’est cet oiseau géant qui m’a sauvé la mise.

L’allure démesurée de la charrette n’empêcha pas les deux faiseurs de miracles de converser. Gaal, sur le qui-vive, s’était posté à l’arrière de la carriole. La nuit était bel et bien tombée et le jeune homme se demanda comment son maître parvenait à diriger les chevaux dans cette obscurité. Quand il se rapprocha de ses compagnons, il constata la présence de feux follets à quelques mètres devant eux, ceux-ci les conduisant, d’évidence, à leur salut. Maître Marddin serait-il l’auteur de cet acte de magie ? Le jeune aventurier voulut en avoir le cœur net :

— Maître, qu’est-ce que cela ?

— Je les appelle des « miracles éphémères », mon petit. Ils me montrent le chemin exactement au bon moment, c’est-à-dire quand j’en ai le plus besoin.

— Est-ce vous qui produisez ces « miracles éphémères », Maître ?

Le Magicien jeta un coup d’œil en arrière, vérifiant la distance parcourue par les Lycans. Puis, se tournant vers Gaal, il répliqua :

— Non… C’est celui qui a formé mon maître qui est responsable de tels exploits.

Et, s’adressant à ses deux Apprentis, il ordonna :

— Maintenant, jeunes gens, baissez-vous !

Surpris par cette étrange recommandation, Gaal se tourna une fois de plus vers son précepteur. Mais celui-ci, plus en alerte que jamais, lâcha rapidement les rênes pour les obliger à baisser la tête, tandis qu’il crachait sur un ton trahissant son anxiété :

— Faîtes ce que je vous dis, au nom de Tzkol !!

Là, Gaal et Guëlle perçurent des sifflements aigus juste au-dessus des épaules de Marddin, comme si l'on fendait l’air avec une arme blanche très fine. Et concernant ces armes blanches, l’une d’entre elles se ficha sur le bord de la charrette, tout près de Gaal. Le jeune homme l’arracha et, sentant la frayeur inonder son cœur, il examina cette arme de jet dont il avait jusque-là ignorée la nature. Celle-ci avait la forme d’une étoile écrasée : elle était plate, certes, mais ses pointes étaient allongées et extrêmement aiguisées.

— Ces « coupes-énergie » vous ôtent la vue, l’ouïe, la capacité de parler ou bien, s’ils sont bien placés, la vie. Ne vous relevez pas, baissez-vous toujours ! s’écria le Magicien.

Inutile d’insister sur cet ordre pour inciter les deux étudiants à rester couchés sur eux-mêmes. Aucun d’eux n’avait envie de tester l’efficacité de ces étoiles furtives. Mais il n’y avait pas qu’elles qui les assaillaient : des flèches tirées avec une grande dextérité les frôlèrent pour ne toucher, en fin de compte, que les arbres environnants. Seulement, les tireurs décochaient leurs projectiles avec une extrême précision. Marddin avait beau les traiter d’idiots, il devait reconnaître leur agilité à l’art de la guerre.

Soudain, Gaal perçut derrière lui les pas d’un animal géant : la Panthère aurait-elle pris tout le cortège en chasse ? Il se retourna et constata qu’il ne s’agissait nullement du grand fauve, mais d’un tout autre mastodonte, maître de la faune de la Terre Providentielle. Ou, du moins, il aurait pu l’être s’il n’avait pas été chevauché par un des Lycans muni d’une arme bien étrange : celle-ci était composée d’un manche de bois muni d’une chaîne métallique à laquelle était accrochée une masse de fer bardée de pointes. Guëlle, qui avait vécu un certain nombre d’années au palais de Marmand, en compagnie des détestables gardes de Sa Seigneurie, n’avait jamais vu d’arme de ce genre. L’affrontement étant inévitable, Marddin passa les rênes à Gaal :

— Tiens, et fais attention aux fléaux !!

Le retour à la Chaumière aux Feux Epars s’était transformé en lutte violente pour la survie. Les mercenaires sauvages de Marmand étaient armés jusqu’aux dents, tandis que les fugitifs ne disposaient que de leurs Hàkas pour se défendre. Marddin des Bois Champêtres était certes un grand combattant, mais les hommes-loups étaient trop nombreux, certains d’entre eux se déplaçant même à dos de rhinocéros laineux. Jémina avait chanté maints poèmes à Gaal à la Ferme Verte concernant ces animaux majestueux mais dangereux. Et le couplet qui l’avait le plus marqué était celui-ci :

« Ô Pourfendeur des Plaines Australes,

Te voilà encore à la dérive,

Chassant le Tigre des Forêts Infernales,

Je me fige devant ta puissance et ta violence vive ! »

Il ne se souvenait plus tout à fait du reste mais c’était un des Lanciers, qui avait rencontré un Pourfendeur des Plaines Australes, qui avait interprété ce chant épique à sa mère. Gaal s’était toujours demandé s’il en rencontrerait un. En ce moment-même, il était servi ! Seulement, il ne s’attendait pas à ce que cela se produise dans des conditions aussi inconfortables ! Le jeune homme était à la fois fasciné et terrifié. Fasciné par la beauté et la taille de la bête, mais terrifié par la situation que cela pouvait engendrer : c’est-à-dire donner un grand coup de corne dans la charrette et envoyer les fugitifs dans les roses. Il pria pour que cela n’arrive pas. Même Marddin, debout à l’arrière de la charrette, hésita à attaquer le Lycan qui chevauchait le monstre. Le Magicien, confus et désorienté malgré sa bravoure naturelle, fut alerté par le son grave et puissant d’un cor qui provenait des profondeurs de la forêt. Il scruta les espaces entre les arbres plus lointains et, horrifié, aperçut de nouvelles troupes de Lycans et de Pourfendeurs. Aussi se tourna-t-il vers ses protégés pour leur crier :

— Plus vite !!

Gaal, qui était déjà sur le qui-vive, fit claquer immodérément les rênes. A ses côtés, Guëlle se sentait impuissante. Alors, elle suggéra à son maître :

— Ne peut-on pas utiliser la Poudre d’Illusions ?

Mais Maître Marddin se montra intraitable à ce sujet :

— On ne peut pas la gaspiller. Quand bien même, à quoi nous servirait-elle, puisque nos ennemis connaissent déjà notre véritable apparence ? Il n’y aurait donc pas de surprise.

Le rhinocéros, dirigé par son cavalier-mercenaire, s’approcha encore davantage de la charrette, prêt à donner son premier coup de corne. Là, le Magicien n’hésita plus sur les moyens : dégainant la pointe du Hàka, il utilisa sa technique d’apesanteur pour atterrir sur le dos de l’animal et trancher la gorge du Lycan. Mais celui-ci avait senti le coup venir car il brandit son cimeterre et esquiva l’attaque, orientant ainsi la pointe vers l’extérieur. Le guerrier à tête d’animal, plus furieux encore, frappa le Magicien d’un revers de sa main velue et griffue, ce qui fit basculer ce dernier vers l’arrière. S’inquiétant pour son maître, Gaal ne put s’empêcher de scruter la scène d’un œil désemparé, jusqu’à ce qu’il fût pris de cours par Guëlle :

— Regarde où tu vas, bon sang !

En alerte, le jeune homme évita de peu un gros chêne pour orienter les chevaux vers un sentier plus avenant. Mais sa compagne lui suggéra une toute autre stratégie :

— Ne t’en fais pas pour notre maître, il sait ce qu’il fait, il va s’en tirer. Mais ces loups bipèdes montent de grosses bêtes, pourquoi n’essaies-tu pas de nous diriger vers des chemins plus boisés, plus difficiles d’accès pour eux.

C’était en effet une excellente manœuvre, et leur seule chance d’échapper à ces assoiffés de sang. Guëlle était décidément une jeune fille très astucieuse, sans doute avait-elle développé cette intelligence au cours de sa misérable enfance, années durant lesquelles elle avait élaboré diverses astuces pour mieux voler, fuir et se cacher, astuces qui lui avaient permis de survivre, sa famille et elle ! Gaal avait également vécu tel un sauvage, au cours de son périple dans les Forêts Ardentes mais son infortune n’avait duré que quelques jours, ce qui n’était pas le cas de la jeune vagabonde. Sans la ruse et la fourberie de cette dernière, il faudrait un miracle pour que le groupuscule parvînt à vaincre cette redoutable compagnie.

Maître Marddin avait failli s’écraser telle une branche morte sur le sol, mais finir piétiné par les troupes des Lycans ne serait pas une mort digne. Aussi s’accrocha-t-il à la bride de l’animal, comme un chien enragé qui ne lâchait pas sa proie. L’homme-loup, aussi coléreux que lui, fit accélérer sa monture afin de déstabiliser ce fou qui s’obstinait à le tuer. Mais le fou en question lâcha peu à peu la bride, trop instable, pour se fixer à la grande corne de la bête. Ses pieds traînaient sur le sol terreux et caillouteux. Ce n’était guère une position agréable mais celle-ci lui permettait de rester à l’abri des coups de son adversaire, le temps de trouver une meilleure situation. Alors, il jeta plusieurs coups d’œil autour de lui : la solution raisonnable serait de se réfugier à nouveau dans la charrette. Mais il voulait à tout prix défaire ces canidés avant qu’ils ne les défassent eux, les trois marginaux. C’est pourquoi il était nécessaire de neutraliser le chef de cette compagnie, celui qu’il avait affronté en premier.

Guëlle, à côté de Gaal, assista à ce terrifiant spectacle avec un sentiment extrême de culpabilité. Elle voulait faire quelque chose pour sauver son mentor mais quoi ? Et puis ses pouvoirs, ceux dont lui avait fait part Erébas-de-la-Lune, n’étaient d’aucun secours en cet instant. Ils étaient cachés dans son être le plus intime mais elle ignorait comment les invoquer. Impuissante, elle ferma les yeux et prononça, dans un murmure :

« Seigneur Tzkol, je sais que vous m’entendez, j’ai vraiment besoin de votre aide : que vos oreilles de bouc m’entendent et que vos yeux vert émeraude me voient, pour que ma prière affecte votre Cœur et vous donne l’envie de sauver des êtres précieux. »

Gaal l’entendit marmonner ces paroles. Bien qu’il ne crût pas en une soudaine apparition divine, il se dit tout de même :

« Seul un miracle pourrait nous sauver à l’heure qu’il est ! »

Tout ce qu’il pouvait faire, c’était continuer à conduire la charrette et espérer que Maître Marddin aurait une idée de génie pour les débarrasser de ces maudits Lycans. Mais pour l’heure, le Magicien était dans une situation délicate. Ses pieds serpentaient sur le sol comme de vulgaires souliers, entraînant un tas de feuilles mortes derrière les talons. Ses mains abîmées s’accrochaient tant bien que mal à la grande corne du rhinocéros. Son regard, qui reflétait sa détresse éphémère, était braqué sur le Lycan qui dirigeait le Pourfendeur. Le mercenaire, ravi de voir son adversaire ainsi dans cette position, esquissa un sourire narquois et satanique, témoignant d’une satisfaction insolente. Marddin, qui ne comprit pas tout de suite, fronça les sourcils avant de jeter un coup d’œil dans son dos, pour remarquer, avec horreur, le tronc d’arbre vers lequel l’animal fonçait pour l’empaler. Il devait prendre une décision et vite, avant que n’arrive le pire. Oui, mais que décider en ces circonstances ? Sinon accueillir la Mort comme une vieille amie, ainsi qu’il l’avait toujours pensé quand il n’était pas encore assez vieux. Eh bien, en ce moment-même, il ne l’était toujours pas assez. Aussi ferma-t-il les yeux pour se concentrer : il rassembla toute son énergie interne pour la diriger vers son Être Intime, son Cœur. Puis, rouvrant les yeux, il utilisa sa technique d’apesanteur pour atterrir sur la charrette. N’en ayant pas terminé avec les Lycans, il bondit pour se retrouver sur le dos d’un autre Pourfendeur, qui poursuivait le véhicule avec la même ténacité que son congénère.

Guëlle l’avait vu faire : de toute évidence, il s’agissait du Magicien le plus talentueux de toute la Terre Providentielle, au point qu’elle le soupçonnait d’être un Drax. Mais non, si tel avait été le cas, elle s’en serait aperçue. Son « sixième sens » ne l’aurait pas trompée. Marddin des Bois Champêtres n’était certes pas un Drax, mais il avait sans doute été un Brave autrefois, un Batailleur. Pas un Lancier, mais un Chevalier, le genre d’homme protégé de la tête aux pieds par une armure sertie, au niveau du torse, d’un dragon d’argent, la gueule ouverte, toutes griffes dehors, et crachant un jet de flammes étincelant.

Ce qui la faisait déduire une telle chose, c’était l’épée que son mentor venait de brandir. Il en avait caché le fourreau durant tout leur périple dans les Forêts Ardentes puis à la Chaumière. Non seulement il déploya la pointe de son Hàka, mais en plus il tournoya la lame brillante sous l’éclat de la Lune, effrayant ainsi l’homme-loup qui ne dirigeait même plus son Pourfendeur. Les quillons étaient en or et comportaient des inscriptions délicatement gravées. La fusée, quant à elle, n’avait rien de particulier si ce n’est qu’elle était entourée d’une cordelette très fine, pour ne pas gêner le propriétaire de l’épée dans ses manœuvres et routines. Enfin, le pommeau était certainement la pièce la plus travaillée de l’arme : une tête de dragon, les yeux rougeoyants de fureur, y était finement incrustée. La lame elle-même, longue, saillante et pure, comportait quelques filigranes dorés au talon orné d’inscriptions que Guëlle ne comprenait pas.

« Probablement l’idiome du Temps Jadis, celui de la Grandeur d’Arkensia, songea-t-elle. »

Elle resta bouche bée face à tant de splendeur, d’audace et de vérité. Car de l’audace, il en fallait pour forger une telle arme. Elle semblait avoir appartenu à un grand roi, autrefois le plus heureux des Grandes Gens et Père de ses Peuples. Marddin des Bois Champêtres, s’il avait été Chevalier, n’avait jamais été Roi. Du moins le prétendit-elle. L’homme n’était pas de la première jeunesse, pour autant, il se battait avec la fougue d’Herkélion le Brave et l’intelligence de Sérébad le Brun. Le Lycan, malgré les grands moulinets qu’il effectuait avec son fléau, était loin d’avoir le dessus ! Le Magicien repoussa l’amas de pointes de son épée et à l’aide du Hàka, il lui ouvrit la gorge. Le mercenaire lâcha son arme pour porter sa main velue à la partie blessée. Puis, sentant sa mort imminente, il se laissa tomber du Pourfendeur. Maître Marddin prit alors le contrôle de la bête puis, avec une ardeur incontrôlée, il s’approcha du Lycan, celui qu’il avait commencé à attaquer. Mais ce dernier n’était plus sur son Brise-vie, il était sur la charrette, haranguant les deux Apprentis de son fléau et de la pointe de son bouclier circulaire. Le Magicien s’apprêtait à intervenir quand il vit Gaal déployer à son tour la pointe du Hàka pour contrer les assauts du Lycan. Le jeune homme faisait preuve d’un courage exemplaire mais qu’il soit seul ou avec sa compagne, il ne parviendrait pas à vaincre ce redoutable agresseur. Aussi Marddin se rapprocha-t-il de la charrette, manœuvrant son Pourfendeur avec une aisance insultante.

Ce fut Guëlle qui dirigea le véhicule, Gaal se concentrant sur son assaillant. Celui-ci persévéra dans ses coups de fléau, envoyant valdinguer des morceaux de bois par tous les sens. Et le malheureux jeune homme ne put lui donner un seul coup, car l’autre ne se protégeait que trop bien à l’aide de son bouclier. Plus le Lycan envoyait des coups, plus Gaal reculait. Cela enragea l’homme-loup qui ne rêvait que d’une chose : voir ce sale gamin périr sous sa masse munie de pointes acérées. Et le canidé de rugir :

— Tu vas t’arrêter de bouger, oui ?! Viens ici et bats-toi comme un homme !

C’est alors que, surpris, le loup discerna l’ombre d’un sourire sur les lèvres de sa proie. Le mercenaire ne se contint plus :

— Qu’est-ce qui te fait ricaner ainsi ? Je vais t’étriper !

Gaal et Guëlle, celle-ci conduisant toujours la charrette, furent heureux de voir leur maître posté derrière leur agresseur, sur le point de reprendre le contrôle de la situation. Le Lycan commença à sentir une présence inquiétante derrière lui. Il ne se dévoila pas tout de suite, préférant utiliser la ruse. Empoignant fermement le manche de son fléau, il se retourna brusquement, espérant réduire le crâne du misérable en bouillie. Mais Maître Marddin était trop rapide pour lui : sitôt qu’il se trouva face au Magicien, celui-ci s’accroupit pour éviter la mort et entailla sa victime au flanc. Le Lycan se contorsionna, vociférant des injures à n’en plus finir et, sentant l’ombre de la Faucheuse arriver, il préféra se laisser tomber de la charrette pour se faire écraser par les pattes poilues des Pourfendeurs.

Les fugitifs n’étaient pas sortis d’affaire pour autant, car voilà que plusieurs groupes de mercenaires chevauchant des rhinocéros laineux apparurent de part et d’autre de la forêt. La plupart, qui avaient certainement vu mourir leurs compagnons, poussèrent des cris de guerre que Gaal et Guëlle ne comprenaient pas. Presque désemparé, Marddin se tourna vers eux et leur insuffla :

— Si on veut s’en sortir vivants, nous n’avons plus que cette solution : faire appel à Tzkol.

— Quoi ? s’étonna le jeune homme.

Maître Marddin fronça ses sourcils broussailleux puis répliqua :

— Ne fais pas l’enfant, je sais que tu m’as compris.

— Certes, mais…

— Fermez les yeux, tous les deux, et concentrez-vous, l’interrompit le Magicien sur un ton solennel.

Gaal trouva sa réaction irréaliste et suicidaire. Mais leur précepteur ne leur laissa pas le choix :

— Faîtes ce que je vous dis, bon sang !

Guëlle sourit : a priori, elle comprenait les intentions de son mentor. Aussi renchérit-elle d’une voix douce :

— Obéis, Gaal, il sait ce qu’il fait, crois-moi.

Vraiment, les réactions de la jeune fille et de leur maître étaient inconsidérées, compte tenu de leur situation. Mais Gaal songea tout à coup :

« Après tout, cet homme a toute ma confiance. Alors, pourquoi douterais-je de sa décision ? Il a dû prévoir d’autres artifices. Oui, c’est sûrement ça ! »

Gaal tenta de se rassurer du mieux possible. D’ordinaire, il ne doutait jamais des paroles de son bienfaiteur car celui-ci se montrait toujours garant quant aux entreprises qu’il envisageait. Mais fermer les yeux et ne rien faire tandis qu’une armée de monstres furieux cherchaient à les anéantir était insensé.

— Fermez bien vos yeux ! répéta Marddin sur un ton ferme.

Les bêtes se rapprochaient : Gaal le sentait, et Guëlle d’autant plus, compte tenu de sa sensibilité. Tous deux entendirent le bruit des pattes massives des rhinocéros martelant le sol, faisant trembler la terre, les branches des arbres et faisant tomber les feuilles mortes qui n’avaient pas encore formé de tapis. Tous deux perçurent les cliquetis des armes blanches, des fléaux et des haches, ainsi que le claquement des rênes sur le dos des mastodontes, et tous deux ressentirent la peur comme jamais. Un instant passa, l’armée des Lycans était toute proche cette fois. Seul Khanab pouvait assurer leur salut ! Après de nombreuses séances d’entraînement, les deux Apprentis pouvaient sentir l’arrivée brutale des Brises-vie et de leurs redoutables hôtes brandissant leurs armes avec une férocité sans pareille. Plus que quelques mètres, et la charrette basculerait par l’avant ou sur les côtés, blessant comme jamais les chevaux et leurs maîtres. Et les Lycans quitteraient leurs montures infâmes pour achever avec une sauvagerie sans nom les malheureux aventuriers. C’est ce qui allait arriver, oui. Du moins, c’était ce que Gaal pensait… avant que ne survienne le bruit assourdissant de ce qui semblait être une explosion, suivi par un jet de flammes infernales qui alla se fondre sur les mercenaires qui osèrent s’approcher de trop près.

Gaal et Guëlle maintenaient leurs yeux fermés mais ils ressentaient bien la chaleur provoquée par le feu. Le jeune homme pensa trouver la nature de cette technique contre-offensive :

« Sans doute cette espèce de poudre noire que Maître Marddin nous a montrée tandis que nous étions réfugiés dans son atelier d’Erk. Il s’en est servi pour bombarder nos assaillants ! »

sorcier avec feu

Enthousiaste à l’idée d’admirer ce spectacle, Gaal ouvrit à nouveau les yeux, tout comme Guëlle. Mais ce qu’ils virent n’était nullement cette poudre noire qu’ils avaient tous deux imaginés, bien au contraire. Maître Marddin avait bel et bien repris le dessus, certes, mais d’une façon beaucoup plus radicale encore. En fait, il avait utilisé un morceau de tissu trempé dans de l’huile puis, après y avoir mis le feu à l’aide d’un morceau de silex et d’une autre pierre contenant de la pyrite, il avait soufflé dessus afin de produire le feu le plus extraordinaire qui soit. Les Lycans, en proie à la panique sur le dos de leurs montures aussi déstabilisées qu’eux, battirent en retraite et rebroussèrent chemin, se bousculant les uns les autres entre les hauts arbres maigres et difformes. La débandade s’accentua sous les yeux aussi bien horrifiés que fascinés des deux Apprentis. De toute évidence, il s’agissait d’un pur acte de Magie, puisqu’un tissu quelconque, légèrement déchiré bien qu’imbibé d’huile végétale, n’aurait pu être la source de flammes aussi prodigieuses.

Maître Marddin était décidément un personnage complexe : ainsi que Guëlle l’avait compris, il avait été Chevalier par le passé et connaissait la Magie Elémentale aussi précisément qu’un Drax. Et il était un merveilleux cordon bleu ! Qualité que Gaal appréciait énormément, si ce n’est plus que ses talents de Magicien. Mais Maître Marddin à lui seul, malgré ses compétences extrêmes, n’aurait pu insuffler un tel acte d’ensorcellement sur ce bout de tissu. Tout compte fait, le bout de tissu lui-même avait-il des propriétés magiques ? C’est alors que le feu s’estompa d’un coup, tandis que les mercenaires avaient détalé comme des chiens apeurés. Les deux jeunes gens furent d’autant plus convaincus de l’origine occulte de l’artefact lorsqu’ils aperçurent l’état déroutant de ce dernier : celui-ci était comme neuf. Vu ainsi, jamais Gaal et Guëlle n’auraient pensé qu’il avait été brûlé ! Aussi le jeune homme interrogea-t-il son précepteur sur ce miracle :

— Mais enfin, Maître, qu’est-ce donc cela ? Tzkol serait-il intervenu en personne ?

Là, le Magicien ne put s’empêcher d’esquisser un sourire, témoignant de son air malicieux et, quoiqu’on en dise, juvénile :

— Tu as tout à fait raison, mon garçon. Tzkol ou Khanab ou je ne sais par quel autre nom tu l’appelles est intervenu en personne.

Et le vieux résident des Falaises Désœuvrées de partir dans un fou rire presque incontrôlable.

— Tzkol est intervenu en personne ! répéta Marddin des Bois Champêtres d’un air quasi narquois, comme si ce que venait de dire son élève était stupide. Je l’adore, celle-là !

Guëlle, qui n’avait fait qu’écouter la conversation, avait pourtant mieux compris la situation que son jeune camarade. Cela ne faisait aucun doute : l’expert de la Science Secrète avait utilisé le suaire d’Herkélion.

 

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