Le gardien du monde

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Le Gardien des Archives

LES CHRONIQUES DES NAACALS

Saga littéraire de Fantasy

Début de la rédaction : 23 juin 2015

Auteur : Jack Hydra (également administrateur du site)

Se décompose en opus.

Synopsis :

            Le monde n’était pas tel que nous le connaissons. Et chaque homme et chaque femme n’étaient pas tels qu’ils sont aujourd’hui. C’est sur cette planète que nous appelions autrefois Tiamat, et plus particulièrement sur ce continent que nous appelions la Terre Providentielle, qu’émergea la première grande civilisation de l’Histoire de l’Humanité : la Civilisation des Naacals. Laquelle civilisation, qui conquit presque tout Tiamat, fut gouvernée par un Empereur sage et généreux, qui veillait au bien-être de tous ses sujets, peu importe leur âge, leur situation … Ce récit, Les Chroniques des Naacals, ou L’Encyclopédie pour les plus intellectuels, retrace l’aventure extraordinaire de ces hommes et ces femmes ordinaires qui, par leur témérité, leur persévérance et leur désir d’humanité, ont su construire la société la plus prodigieuse qui ait jamais existé.

            Rejoignez Gaal Ihed et son amie Guëlle Dolen sur le chemin des Perendils – les Cinq Pierres Sacrées – et entamez avec eux un voyage à travers les contrées les plus hostiles de la Terre Providentielle. Tous deux vont devoir faire preuve de courage et de fermeté, car des ennemis bien plus redoutables que Marmand se mettront en travers de leur route.

Cf "Infos sur la saga"

Le début d'une AVENTURE... Partir sac a dos guide bagpacker voyagezen 504x292 1                                                                          

 

                                                                                                       3921

 

« L’autre esquissa un sourire avant de rétorquer :

« - Tu peux m’appeler ainsi, si tu le souhaites.

« Blezh fronça les sourcils :

- Comment cela, si je le souhaite ? Erébas-de-la-Lune, c’est bien votre nom, que je sache ?

- C’est le nom que tu es en droit de me donner puisque j’apparais sous cette forme à tes yeux.

« Sa crainte se confirmait : il était réellement fou. Si ce n’était pas Darkos, qui était-ce ? De toute évidence, Blezh était, en cet instant, le plus décontenancé des hommes. Il ne savait plus sur quel pied danser. Pire, il ignorait où il se trouvait. Mais peut-être cet individu qui avait arboré les traits de son maître allait-il le lui dire ? Aussi l’interrogea-t-il :

- Qui êtes-vous donc, et que me voulez-vous ?

« L’autre scruta le sol, tel un enfant cherchant une brindille avec laquelle il pourrait jouer, puis se mit à le frotter du pied, comme s’il voulait chasser quelques grains de poussière entachant le plancher. Avec un fin sourire qui se voulait plus espiègle que rassurant, il marmonna tel un enfant timide :

- Je ne suis pas vraiment ce que tu penses. Pour répondre plus précisément à ta question, je suis Celui qui Vit dans le Grand Haut, Celui qui voyage dans le Grand Tout, Celui qui est à la barre du Vaisseau de la Création.

« Là, mon maître tomba des nues. Il ne pouvait le réaliser. Non, il ne le pouvait. Il se trouvait devant le personnage avec lequel tout mortel était incapable de communiquer verbalement. Les yeux écarquillés, il scrutait cet individu qui n’en était pas vraiment un. Les bras ballants, il s’approcha de celui qu’il croyait être son mentor, mais qui était en fait le créateur du Vrai Savoir. Aussi préféra-t-il ne pas le considérer comme Erébas-de-la-Lune mais comme un être à part entière dont il connaissait que trop bien l’identité. Cependant, par timidité ou par sentiment d’infériorité, il se retint de la lui dire. Il eut une extrême envie de se prosterner aux pieds de ce manipulateur d’étoiles. La divinité devina aisément la crainte et la courtoisie naturelles qui animaient son compagnon. Mais elle préférait, de loin, inspirer le respect d’autrui en se montrant intègre, sans une once d’égocentrisme. Aussi empêcha-t-elle Blezh de se courber avant d’ajouter :

- Marchons un peu, veux-tu.

« L’apparence d’Erébas, non sans affection, prit son hôte par le bras et l’incita à le suivre. Tous deux avançaient avec une certaine nonchalance : Blezh étant épuisé par tout ce qu’il venait de vivre et le démiurge soit par paresse soit par extrême fatigue suite à tout ce qu’il avait accompli pour Tiamat, et en particulier pour la Terre Providentielle. Le maître des lieux souhaitait se confier à celui qui allait être mon précepteur, ça ne faisait aucun doute. Toutefois, Blezh le Jeune s’empressa de lui poser la question qui le démangeait depuis les premières secondes de leur rencontre :

- Maître, euh … qui que vous soyez, où est Shahar’Rhézade ?

« L’autre tourna lentement la tête vers le magicien, avant de lui adresser un regard à la fois mélancolique et compatissant :

- Oh, je suis navré, mon ami, vraiment navré.

« Là, Blezh eut l’impression que son cœur s’alourdissait, brusquement, et que ses jambes venaient d’être coupées par il ne savait quelle force obscure. Et l’autre de lui annoncer la terrible nouvelle :

- Elle est morte.

« En entendant ces effroyables mots, le pauvre aventurier tomba à genoux sur le sol électrique et froid. De grosses larmes lui montèrent subitement aux yeux. Il ne voulait pas le croire. Shahar’Rhézade, la seule femme à qui il pouvait accorder toute sa confiance, s’en était allée vers le Royaume Abyssal, celui du Dragon des Mers. Sa seule raison de vivre : envolée, disparue à jamais ! Cette fois, c’était sûr, sa vie n’aurait plus aucun sens. Il allait errer, de ville en ville, d’île en île, de chimère en chimère, pleurant sa dulcinée de tout son corps, de toute son âme. Deux êtres aux caractères opposés mais complémentaires, qui ne se cachaient rien, qui se faisaient mutuellement confiance et qui s’aimaient. Non pas d’un amour égoïste et superficiel comme c’était presque toujours le cas chez les Grandes Gens, mais d’un amour sincère. Deux êtres qui s’étaient enfin trouvés, brutalement séparés par le sort. Intolérable ! Une telle chose n’aurait jamais dû se produire. Blezh, anéanti, se recroquevilla les genoux contre sa poitrine, les bras entourant les jambes et la tête blottie entre les cuisses. Celui qui avait adopté l’apparence d’Erébas s’installa en tailleur à côté de lui et lui entoura les épaules de son bras puissant. Malgré les efforts du créateur pour le réconforter, Blezh le Jeune ressassait, plus mélancolique que jamais, tous les merveilleux moments qu’il avait vécus aux côtés de sa chère et tendre. Et cela, comme le constatait le maître des lieux, le rendait plus triste encore. Il parvint tout de même à le consoler un tant soit peu :

- En revanche, Eorl’as s’en est sorti.

« Il aurait pratiquement fait mouche si Blezh n’avait pas été aussi anéanti par la disparition de la princesse :

- Où est-il ?

- Oh, il devrait nous rejoindre sous peu. En cet instant, je pense qu’il doit être comme toi : en train de réaliser la nature de ce monde qui a dû te paraître étrange !

« Là, il sourit légèrement avant de poursuivre :

- Et il doit s’être mis à votre recherche, toi et … Pardonne-moi, je ne voulais pas te faire repenser à cette tragédie.

« Et, après s’être redressé, il ajouta :

- Allons, relève-toi, je te prie, ça ne sert à rien de se morfondre. Et discutons un peu de cet univers qui est le mien. Cela te changera grandement les idées, crois-moi !

« Cet homme, cette créature, cette divinité, peu importe sa nature, était d’une inflexibilité à toute épreuve et ne se montrait pas le moins du monde négatif. Aussi aida-t-il notre bon Blezh à se redresser, lequel ressentait déjà les premiers effets, même s’ils étaient bien infimes, de cet état d’esprit protégé de toutes réactions absurdes. L’entraînant vers l’horizon de ce monde qui était le sien, comme il disait, l’être confiant le prenait par le bras tout aussi affectueusement, preuve de son amour incontesté pour les Grandes Gens, quelques fussent leurs origines ou leurs défauts. Ils marchèrent, marchèrent pendant plusieurs instants. Mais Blezh n’aurait su dire, réellement, combien de temps ils avaient flâné ainsi, puisqu’ils n’étaient pas sur la Terre Providentielle. Tentant d’oublier la grande asthénie qui l’animait, l’oppressait, Blezh demanda, sur le ton le plus impartial possible :

- Quel est cet endroit ?

« Et l’autre de lui répondre, encore plus impartial que lui et d’une objectivité sans faille :

- Comme je te l’ai dit, cet univers est le mien. Pour être honnête, c’est moi qui l’aie créé.

- J’admire votre sens de la décoration, ironisa Blezh.

- Être désemparé ne t’oblige pas à être désobligeant ! affirma sévèrement son hôte. Il paraît insignifiant mais il ne l’est pas. Il paraît vide mais il est rempli de richesses. Des richesses que seules les personnes suffisamment intègres peuvent en admirer la splendeur et la grâce. Enfin, il paraît hostile, en raison de son aspect désertique et du fait qu’il n’y a ni soleil, ni étoile, ni vent, ni nuage pour se repérer. En réalité, on ne peut trouver plus grand paradis, même dans le plus pur des univers.

« Blezh fut choqué par la réaction de son étrange compagnon. Il plaisantait en le narguant sur l’ornementation de son monde mais apparemment, l’autre n’était pas d’humeur à badiner. Dommage, lui qui cherchait un peu de gaieté dans sa situation plus que morose ! Mais un détail qui l’avait interpellé dans la réponse de son hôte lui revint soudain en tête. Aussi attira-t-il l’attention de cet authentique dominateur :

- Des univers, Monsieur ? s’offusqua Blezh.

- Absolument, renchérit naturellement le maître des lieux.

- Parce qu’il existe plusieurs univers ? Et donc, plusieurs Serpents Créateurs, plusieurs couples tels qu’Hangawa et Ramaha et plusieurs … Non ?

« L’autre leva la main d’un air stricte, visiblement agacé par ce flot de questions :

- Ne t’emballe pas ainsi, mon ami. Ah, ces Grandes Gens, toujours aussi curieuses quant aux choses qu’elles sont à peine susceptibles de comprendre !

- Que voulez-vous dire ? quémanda à nouveau l’homme de peu d’un air stupide.

- Hum … laisse tomber. Eh bien, parlons de ce monde, si le cœur t’en dit, et de ces univers qui font qu’il a une raison d’exister.

« Cette réponse fit sursauter Blezh qui enchaîna aussitôt :

- Attendez ! Si je comprends bien, ce monde que vous dîtes avoir créé en abriterait d’autres ? Je ne vois pas en quoi un monde en particulier peut contenir d’autres ensembles. C’est … ce n’est pas naturel. C’est insensé, illogique.

« L’individu dont il croyait connaître le nom se tourna à nouveau vers lui non sans lui adresser un sourire malicieux :

- Depuis quand un magicien, un artiste, est-il logique ?

« Blezh n’osa répondre à cela car son hôte avait fait mouche. Il avait aisément assimilé son tempérament. D’une part, parce que cette … créature devait user de pouvoirs bien plus grands que les siens, ou plutôt ceux qui avaient été les siens, bien plus grands que ceux de son maître, en fait bien plus puissants que ceux de n’importe qui sur la Terre Providentielle. D’autre part, parce qu’elle devait avoir une personnalité similaire à la sienne. Oui, très certainement, elle aussi était une artiste. Elle créait, comme elle le prétendait, non pas des poésies, des dessins ou des morceaux de musique comme cela se faisait chez les Grandes Gens et les Drax, mais des macrocosmes, des univers, avec tout ce que ces derniers pouvaient contenir : à savoir des terres avec océans et continents, et des êtres vivants aussi, et pourquoi pas d’autres Grandes Gens d’ailleurs ? En réalisant à peine cela, Blezh avait mille questions qui lui trottaient dans la tête. Pendant un bref instant, il ne savait par laquelle commencer. Finalement, il se risqua à poser celle-ci :

- Vous créez des univers, donc. Mais quel genre d’univers créez-vous ? Ressemblent-ils aux nôtres ?

« Le maître des lieux afficha un regard sévère tandis qu’il rétorquait :

- Cela confirme bien ce que je disais il y a à peine un instant : les Grandes Gens sont bien trop pressées pour écouter la totalité de ce que leur exposent leurs interlocuteurs. Je t’ai dit que j’avais créé ce monde. Mais je ne t’ai pas dit avoir aussi contribué à la formation de tous les univers qu’on peut y trouver ! Façonner cet espace m’a demandé beaucoup de travail et de temps, plus que je ne l’aurais imaginé. Alors les autres milieux, ne m’en parle pas !

« Blezh parut décontenancé :

- Mais alors, qui crée ces univers ?

- Ceux qui en ont la charge. Tout comme j’ai la charge de veiller sur le Cosmos, l’univers de Tiamat.

- Alors, vous n’êtes pas le maître de ces lieux, tout compte fait ?

« L’être divin adopta un air grave, jamais Blezh n’avait eu à faire à un individu aussi sérieux :

- Je l’ai créé et je l’administre, temporairement. Il y a un roulement, en vérité.

- Un roulement ?

- Disons que, entre les responsables des différents univers, nous nous entendons pour savoir qui est de garde, à quel moment et pour combien de temps.

- Parce qu’il y a une notion de temps dans l’entre-monde ?

- Oui, mais elle n’est pas la même que la vôtre. En fait, chaque monde a sa propre notion du temps. Pour être encore plus précis, chaque terre a la sienne, et même, sur Tiamat par exemple, chaque Terre Solitaire a les siennes.

- Les siennes ? Le temps ne s’écoule donc pas de la même façon partout sur la Terre Providentielle, par exemple ?

- Bien sûr que non.

- Comment cela se fait-il ?

- Eh bien, rétorqua l’être divin d’un air sage, Tiamat tourne autour de son soleil, mais elle tourne également sur elle-même. Pour faire simple, il peut faire jour sur la Terre Providentielle comme il peut faire nuit sur une autre Terre Solitaire.

« Pataud, Blezh resta de marbre, ne comprenant rien à ce que lui racontait celui qu’il prenait pour un nouveau précepteur :

- Je n’assimile pas ce que vous dîtes.

« Cette fois, le gardien du monde s’emporta vivement. Aussi récrimina-t-il dans un formidable mouvement de bras :

- Mais ce n’est quand même pas difficile à comprendre, parbleu ! Tiamat est ronde, tout bonnement !

- Ronde ? Comment cela se peut-il ?

- C’est plus que nécessaire, si je veux conserver l’harmonie dans la création de mon grand-père.

« Blezh, lui, ne voyait pas en quoi il était nécessaire qu’une grande terre soit ronde. Mais il préféra ne pas en souffler mot, de peur d’offenser à nouveau le petit-fils du Dragon Céleste. Aussi jugea-t-il bon de l’interroger sur quelque chose de moins … compromettant :

- Comment s’appelle cet endroit, au juste ? Et qu’y faîtes-vous ?

- Nous veillons sur les Archives, c’est le nom qu’on donne à ce monde. C’est là où se trouvent toutes les données et les représentations des différents univers. Nous les observons, les contrôlons et si l’un d’eux devient trop imparfait, ou que trop de menaces pèsent sur lui, comme un virus infectant un corps de chair et de sang, nous le détruisons.

- Vous le détruisez ? Mais, et tous ces êtres vivants que vous engendrez, vous y avez pensé ?

« L’être divin baissa honteusement la tête avant d’ajouter :

- Je sais, il n’y a rien de plus cruel, en vérité. Mais c’est la seule et unique solution qu’on peut envisager lors de ces situations critiques. Si on cherche à réparer, nous perdons du temps et au lieu d’être éradiquée, la menace peut prendre davantage d’ampleur et envahir d’autres univers.

- Et comment peut se manifester une telle menace ? Quels symptômes peut-elle infliger au macrocosme ?

- Il existe une multitude de symptômes. Comment se manifeste-t-elle ? Là aussi, elle dispose d’une infinité de moyens. Une menace peut survenir dans le cas où l’univers est en dysharmonie, où l’Equilibre du Tout est en péril. Si elle sent une brèche, elle s’y engouffrera. C’est pourquoi chacun doit veiller sur son univers pour que règne l’harmonie. Cela te convient-il comme réponse ?

- Certes, mentit Blezh. Mais, en outre, y a-t-il une forme de menace en particulier ? Ou bien en existe-t-il plusieurs ?

- Pareillement, il y en a une multitude, ce qui rend notre mission céleste plus difficile encore.

- Mais quelle est la plus courante ?

- La plus courante ? Hum … une force obscure, invisible, qui prendrait possession d’un corps physique par exemple.

« Blezh se figea :

- Que voulez-vous dire ? Une plante, un animal, ou bien …

- Une Grande Gen ? Oui, ça se peut.

« L’être divin sourit quant à la stupéfaction de son jeune invité et, pour le rassurer, il déclara :

- Mais ce n’est pas encore arrivé, je te rassure. Et je puis te certifier que ça n’arrivera pas tant que je garantirai l’avenir du monde dont j’ai la charge. Je fais aussi confiance à mes petits camarades pour veiller sur leurs propres créations. La principale fulmination dont nous devons nous méfier est l’Anguille Noire.

- Drôle de nom pour un éventuel ennemi.

- Nous le lui avons donné en raison de sa trop grande aptitude à tromper notre surveillance. Elle est arrivée, une fois, à occuper un univers de notre Meta. Mais, fort heureusement, elle ne s’était pas aventurée trop loin, si bien que nous sommes parvenus à l’éradiquer sans détruire le macrocosme.

« Blezh ressentit un léger soulagement :

- Ah ! Vous me rassurez, vous ne détruisez pas systématiquement toute la création malgré la menace.

- Cela reste notre ultime mesure, celle que nous employons lorsque toutes les autres ont échoué. »

« Blezh acquiesça à tout ce qu’il venait d’entendre, bien qu’il réalisait à peine la moitié de tous ces événements. Comment ne pas devenir fou après tout ce qu’il venait de découvrir ? Dorénavant, il n’avait qu’une seule envie : retrouver la Terre Providentielle telle qu’il l’avait connue. Et, à en juger par l’expression faciale de l’être divin, il savait que celui-ci avait discerné ses désirs les plus chers. Aussi lui adressa-t-il une dernière fois la parole :

« - Tu aimerais rentrer chez toi, n’est-ce-pas ?

« Aussitôt, celui qui fut autrefois magicien lui avoua tout ce qu’il avait sur le cœur :

- Je suis las de voyager, las de voir que les Grandes Gens, quelles que soient les contrées, ont tous le même comportement. Je suis las de ne pas dormir et manger au moment où j’en ai le plus envie. Enfin, je suis las des histoires d’amour interdit qui finissent mal. Je veux rentrer chez moi, oui. Retrouver mon maître et bénéficier à nouveau de ses conseils sont ce qui m’importe le plus, désormais.

« Jamais Blezh ne reçut de sourire aussi affectueux ni d’attention aussi bienveillante :

- Eh bien, si tel est ton désir Blezh le Jeune. »

« Puis le gardien d’univers tendit la main sous son menton pour glisser un souffle d’étoiles vers l’infortuné. Une fois de plus, celui-ci se retrouva dans le néant. Tout devint noir. Mais ça ne dura qu’un instant.

« Quand il se réveilla, doucement, sa main sensible caressa l’herbe verte qui se courbait sous l’effet du vent. Là, il sourit à son tour, et une étrange félicité sublima son cœur et son âme, car il était trop heureux de se trouver à nouveau à sa place, c’est-à-dire sur les Falaises Désœuvrées, qui furent autrefois le territoire des Sirènes. Et ce courant d’air chaud qui lui chatouillait la nuque et les omoplates, ce n’était pas le vent, non, mais ce brave Eorl’as qui lui était resté fidèle.

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